Comment la vie peut changer

Comment la vie peut changer

Changer de vie, au détour d’ un voyage, c’est possible

Ou comment il est parfois simple de tout changer
Comment le hasard fait parfois bien les choses pour peu qu’on accepte les défis.
La vie est étonnante parfois…

Partir pour changer de vie

Votre quotidien ne répond pas à vos attentes. vous avez une autre idée de la vie. vous lui cherchez un but ?
Dès que les difficultés deviennent oppressantes, on est tentés de partir, de changer sa vie.
Alors si on le peut, on s’en va !
On part, pour se retrouver, pour être libre, pour tout changer, pour faire des rencontres, pour se reconnecter avec la nature, en tous cas, pour réaliser une quête
Mais parfois, on ne fuit rien, mais on est prêt,  et c’est une occasion qui se présente, à prendre ou à laisser.

Ces voyages imprévus peuvent aussi changer la vie.

C’est ce qui m’est arrivé.
C’est l’histoire d’un voyage qui a changé ma vie…
– Ah ! tiens donc, on ne s’en serait pas doutés vu le titre et l’événement.

Oui mais…si je te raconte ça, c’est que c’est en rapport avec mon blog, alors lis la suite, tu verras.

Certains planifient, ont l’idée de, organisent, se préparent…puis enfin partent.

Il faut que je te précise que cet article participe à l’événement inter-blogueurs “ le voyage qui a changé ma vie ” du blog d’une famille expatriée au Québec : Stalimapics. J’apprécie beaucoup ce blog dont les articles sont très instructifs.  Celui-ci. ” est mon préféré. Tu y trouveras beaucoup d’autres aventures...

Comment ça s’est passé pour moi ?

Et bien, rien n’a été prémédité, rien n’était prévu et encore moins préparé.

On a fait ça comme ça, du jour au lendemain, comme si on avait attendu au bord de la piscine et que brusquement, quelqu’un qui passait nous avait poussés dedans.

Je dis « nous » car ce voyage, je l’ai fait avec mon ami. J’oserais dire « à cause de mon ami »

On se fréquentait mais on n’habitait pas ensemble.
Il est ingénieur chez Airbus (au moment de l’aventure).
Et ce jour là, pendant qu’on faisait la route pour redescendre de la montagne où on était allés faire un brin de rando, son chef l’a appelé au téléphone. Oui, il a le téléphone en main libres dans la voiture et il a répondu en roulant. Pas bien ? on s’en fout, c’est pas le sujet.

Il travaillait sur la mise en place du projet A400M en Espagne, à Séville. Et pas de chance, le chef ne trouvait pas de volontaire pour aller là-bas tout coordonner. Et…et bien il demandait instamment à mon ami (qu’on appellera JC à partir d’ici) de se porter volontaire. Bien sur, ce n’était pas une obligation, et d’ailleurs mon JC a bien tenté jusqu’à la fin de ne pas y aller, il a un peu peur de l’inconnu mon JC. Mais c’est comme ça qu’on s’est retrouvés la semaine suivante dans l’avion, direction Séville. pour plusieurs années.

Question préparatifs, ça a été du rapide, pas le temps d’avoir des états d’âme.

On n’a pas eu le temps de se poser de questions

La secrétaire avait pris les billets, réservé l’hôtel (ok, 4 étoiles)

Et mon JC n’osait pas me demander. Lui, il était terrifié. C’est un matheux, un intello, avec des lunettes oui (non, les boutons d’acné, c’était à l’époque du lycée), pas du tout préparé à l’aventure. Moi ? tout le contraire. Pas que je sois cruche, mais l’aventure, j’adore ! Toujours prête à sauter d’un pied sur l’autre.
Je trépignais sans rien dire et il a fini par me demander. Bien sur que j’ai dit OUI.

J’ai vite fait le tour de ceux qui pouvaient s’occuper de ma maison, ma fille s’y installerait, la secrétaire a du modifier les réservations et hop, décollage…

Pendant le vol, on a parlé, du futur, des « possibles » du temps qu’on devrait y rester, des retours à la maison de temps en temps pour quelques jours pas plus…

L’expatriation

 Et en descendant de l’avion, nous étions devenus des EXPATS à Séville.

J’ai d’ailleurs fait un blog à l’époque pour aider ceux qui comme nous se retrouvaient dans un pays différent, avec une langue différente et des habitudes différentes…

Je ne faisais pas partie de la boite, je n’étais pas « femme » d’ingénieur de la boite, je n’avais donc pas droit aux cours, d’espagnol entre autre.
Je me suis débrouillée seule.

« Les autres » avaient une structure pour les aider là-bas, pas moi, pas nous du coup. L’installation du projet d’Airbus prenait plus de 10 heures par jour à mon compagnon d’aventure.  L’intendance reposait entièrement sur moi pour .

Je ne parlais pas un mot d’espagnol.

ma rue à Carmona
Là, c’est ma rue

Je vous passe les détails pour trouver un logement en passant par une agence « en espagnol », j’ai appris le jeu « dessiner c’est gagné » et je me suis bien amusée (enfin, quelques fois, ce sont les espagnols qui se sont amusés à mes dépends. Par exemple, il fallait se déclarer à la mairie et mon prénom c’est Corinne, prononcé avec un vague accent du nord, bien guttural, pour que les autochtones me comprennent, j’ai épelé Corin-é avec un é…ceux qui ont fait de l’espagnol ont compris la crise de rire des braves employés de mairie qui m’ont parlé d’almohada, je passe !).

Force était de constater qu’il me fallait de l’aide lorsque je téléphonerai.

Pour pouvoir faire brancher rapidement internet, il faudrait que je trouve une solution.
Alors je suis allée à l’office de tourisme. C’était à Carmona, un magnifique petit village blanc à une vingtaine de minutes en voiture de Seville. Petit village = structure humaine, et me voici baragouinant que j’aimerais téléphoner et que je cherche la poste. Et là, lumière divine, chants mélodieux, alléluia ! un ange est apparu, qui parlait français. J’étais sauvée. Tout le monde a bien ri, mais le lendemain, j’avais internet et le téléphone à la maison, alors que « les autres » ne l’ont eu qu’une dizaine de jours plus tard. C’est qui la plus forte ?

Mais quel rapport avec ce qui a changé ma vie ?

 Et bien, je passe sur les détails de ce fabuleux voyage qui a duré deux ans et demi et sur lequel je pourrais écrire un bouquin d’aventures plus incroyables, plus étonnantes les unes que les autres, un voyage comme on n’en décrit même pas dans les brochures touristiques, puisque j’ai parcouru toute l’Andalousie, visité le moindre chemin (et ce n’est pas une façon de parler), que je me suis roulée sur le sable (et dans les cailloux) de toutes les plages même la plus petite, de Cadix à Gibraltar…heu…et jusqu’à Huelva dans l’autre sens…

Ce qui a changé ma vie en vrai ?

Ma passion, c’est le jardinage.

– Ah ! qu’est-ce que ça vient faire ici ? elle a visité tous les jardins d’Espagne aussi ?

Non, c’est beaucoup plus simple que ça.
Oui les jardins je les ai visités, et ils m’ont inspirée, ils m’ont donné envie, ne serait ce que d’avoir un tout petit peu de plantes à la maison.
C’était une grande maison : una casa grande, avec deux patios et une rampe d’escalier couverte par une magnifique liane de fruits de la passion. Sous ce climat, les fleurs qu’on fait pousser en France (et surtout dans le nord d’où je viens), ces fleurs qui sont petites, en petits pots, qu’on rentre l’hiver…là-bas, elles poussent toute seules, elles sont gigantesques…on se sent un Lilliputien.
« – Elle n’est jamais sortie de chez elle celle là ? »

Vacances vs Expat

Quand on passe en vacances en coup de vent, on ne prend pas réellement la mesure de ce qui est différent.
Ici je me retrouvais sans terre. Il fallait l’acheter. A Carmona où je vivais, il n’y avait qu’une espèce de sable avec lequel je n’arrivais à rien.
Et un jour, à table au resto, en discutant tant bien que mal de ma passion des plantes et des difficultés que je rencontrais alors qu’en France j’avais un grand jardin florissant, mon interlocuteur m’a promis de m’emmener voir un ami qui…je n’ai pas tout compris, mais j’ai accepté.
Et nous somme partis quelques jours plus tard à la rencontre d’un éleveur de vers de terre .

Ah ! vous ne vous y attendiez pas à celle là hein ?

Et bien rassurez vous, moi non plus !

La rencontre

Nous sommes arrivés au matin, assez tôt, après une bonne heure de route poussiéreuse et étouffante (sans clim). C’était assez à l’écart des grands axes.
Après une brève conversation entre les deux hommes, j’ai pu commencer la visite guidée. L’éleveur faisait son travail en expliquant, je tachais de suivre malgré mon espagnol balbutiant. Je ne comprenais pas tout, mais ça devait se voir, j’avais droit à des explications gestuelles. C’était parfois cocasse. Mon prof ne perdait jamais patience et veillait à ce que j’aie bien tout compris.
J’ai tout appris en une journée complète. Je ne savais pas qu’il y avait tant à savoir sur cette bestiole, je ne connaissais pas son rôle dans la nature, ni son mode de vie, son alimentation, je ne savais pas qu’on pouvait s’en servir pour assainir l’eau…je ne savais rien. AVANT, quand j’en trouvais, je les jetais aux poules ou ma fille les prenait pour aller pêcher. D’ailleurs, il y a des élevages de vers de terreau spécialisés pour la pêche, si si, même en France. A cette époque, je ne savais pas.

J’ai été conviée à revenir la semaine suivante alors que des français venaient voir notre éleveur pour lui demander des conseils. Ils montaient un projets du côté de Montpellier pour une station d’épuration, à base de vers de terre. (Ce qui est dommage, c’est que je n’ai jamais pensé raconter cette histoire un jour, je n’ai pas gardé les photos de ces visites.)
Il expliqua avec le sourire d’un homme qui présente un trésor, que ses bébés étaient logés sous des bâches qui leur évitaient de se dessécher mais qui les protégeaient aussi de la lumière. C’étaient les Eisenia andreï (ou vers rouges de Californie), ceux que lui préférait.
De longs tas allongés étaient alignés à même le sol, garnis du fumier du haras d’à côté (les espagnols adorent les chevaux) , , de la litière d’un poulailler voisin et des épluchures du restaurant d’un village non loin. tous étaient bien heureux de se débarrasser de leurs déchets à peu de frais.
Des allées étroites séparaient les rangées, car dès qu’un tas était consommé, les vers migraient d’eux même vers le suivant. Pour les empêcher de sortir d’un bac (par exemple après le criblage), il suffisait de leur mettre de la lumière et ils cherchaient à s’enfouir, pas à s’enfuir (remarquez la prononciation de ces deux mots, amusant non, surtout pour quelqu’un qui ne prononce pas les U ?! )
Le tas déserté était passé au criblage, une machine munie d’un tapis roulant ajouré qui tressautait. Le terreau passait au travers. Les retardataires se retrouvaient dans un grand bac prêts à retourner avec leurs congénères, mélangés aux débris trop gros..
Le précieux humus était ensuite mis en sac pour la vente.

Ce que cette visite a changé dans ma vie

A partir de ce jour là, je me suis trouvé une passion pour les vers de terre au jardin et par extension pour toute la pédofaune (La faune du sol ou pédofaune est l’ensemble de la faune effectuant tout son cycle de vie dans le sol.).
Je pense que la façon de notre hôte d’aimer ces petites bêtes y est pour quelque chose. Il restera gravé dans mon souvenir cet homme formidable, si heureux de transmettre.

Faire d’un ver de terre, qui dégoutte plus qu’il ne passionne, le roi du jardin.

Je venais de découvrir l’utilité du ver de terre pour la planète, rien que ça !

Je venais aussi de me trouver un but, il fallait que je le fasse savoir. J’ai pris mon bâton de pèlerin et me voici…

jardin de SevilleJe n’ai plus jamais visité les jardins de Séville et d’Andalousie de la même façon.
j’ai pu me rendre compte de l’adresse des jardiniers à entretenir ces petits coins de paradis dans une ville caniculaire en été, à la température plus proche de celle de l’enfer, et pour une grande partie, grâce aux vers de terre et à l’humus qu’ils savent produire avec leurs alliés, les bactéries et les champignons.

Depuis ce jour, je tache de partager ce savoir .

C’est pour vous que j’écris ce blog qui je l’espère vous en apprendra plus sur ces êtres vivants du sol qui fabriquent notre terre, pour que nos plantes soient plus fortes plus nourrissantes (voir l’article sur les vers de terre)
et qu’elles entretiennent notre vie, tout simplement.

Les andalous sont des gens merveilleux.

Ce que je retiens

 Si ce jour où le « chef » avait demandé un « volontaire » je n’avais pas dit OUI pour aider mon ami à réponde par l’affirmative, certes je n’aurais jamais fait ce fantastique voyage, mais je serais passée à côté de ce moment magique où un homme m’a transmis sa passion,

une passion qui a changé ma vie et mon regard sur beaucoup de choses.

J’ai saisi l’opportunité, j’ai tout quitté pour l’inconnu, mais…
ça m’a transformée.

Cet article a 4 commentaires

  1. Wendy

    Super aventure et super histoire ! Mais tu n’as effectivement pu la vivre que grâce à l’énergie qui t’anime et le courage du saut dans l’inconnu. Je trouve ça génial, merci pour ce beau partage.

    1. Noyaudujardin

      Merci Wendy pour ton commentaire. C’est sur qu’il faut un peu d’énergie pour lancer la machine, mais dès que nous savons ce que nous voulons devenir et ce que nous voulons construire, tout devient plus léger. Cela vaut bien un peu d’investissement et de courage au départ.

  2. Steve

    WOW ! Impressionnant ! Je ne m’attendais vraiment pas à voyager à Séville par l’intermédiaire de vers de terre….😅

    Superbe article ! J’ai appris énormément de choses, c’était très passionnant pour moi qui suit un amoureux de la nature, sachant que le jardinage est aussi un de mes hobbies (à titre amateur), mis à rude épreuve depuis notre expat’au Canada…😁

    Bravo en tout cas et merci pour ta participation à l’événement. PS : J’adore ton style d’écriture et ton humour.😉

    À bientôt.

    1. Noyaudujardin

      Merci pour ce commentaire et pour ton retour sur l’article…A ton service si tu as besoin d’un conseil un jour pour ton jardin.

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