potager sur sol vivant

Shin Kubota, professeur à l’université de Kyoto au Japon a écrit:
 » Nous sommes intelligents et civilisés mais nos cœurs sont primitifs. »
Il pense qu’il faut que l’humanité apprenne  à vivre en harmonie avec la nature.

Le sol

Sauf pour le jardinier, les sols ne sont pas aussi « glamour » que les plantes qui y poussent. On s’intéresse bien plus à la jolie fleur ou au bel arbre… Pourtant, les sols rendent d’innombrables services.
En voici quelques uns: 
  • sans sol, pas d’agriculture. Or en dépend notre alimentation
  •  On en parle de plus en plus, ils stockent le carbone et ainsi contribuent ainsi à atténuer les changements climatiques
  • ils filtrent l’eau. Ils la conservent;
  • Mais surtout, ils abritent une faune incroyable (1m carré = 260 millions d’animaux de très petite taille !)

Pourquoi sur sol vivant

Le sol vivant, nous l’avons dit, permet de séquestrer le carbone dans le sol.
Or une extraction de CO2 atmosphérique par les plantes et un stockage du carbone (C) fixé dans la matière organique du sol participerait à la régulation du climat.

Puisque c’est si simple, pourquoi ne pas le faire ?

Nous ne parlerons pas de l‘enjeu économique des pratiques agricoles actuelles (qui sont fort heureusement en train de changer, lentement, par le prise de conscience de l’importance du service écosystémique que peut rendre l’agriculture et la culture à notre planète.)

En cultivant sur sol vivant, on cultive AUTREMENT, on cultive AVEC avec la nature,
et on place le jardin dans un ensemble de vie.

La culture sur sol vivant est une méthode permettant à la terre de produire de manière naturelle sans s’épuiser et sans épuiser le sol qui du coup reste fertile.

Il existe désormais des protocoles vérifiés

Des groupes de recherche proposent dorénavant de meilleures pratiques innovatrices pour régénérer les sols.
Il est temps de s’y mettre avant d’avoir créé partout des déserts.

Le particulier peut-il jouer un rôle ?

La réponse est OUI
Même à l’échelle du particulier, on entend de plus en plus parler de jardiniers respectueux de leur environnement et qui aspirent au sol vivant. Cette méthode de culture représente une solution, voire LA solution d’avenir pour le jardinage, car il ne demande

  • pas d’intrants,
  • pas de pesticides,
  • moins de travail du sol…

que du bonheur !

De plus, c’est facile à réaliser, nous le constaterons tout au long des articles.

Au préalable, revenons brièvement sur des notions de base sur le sol et sa formation.

Formation du sol

Qu’est-ce qu’un sol ?
C’est la couche dans laquelle nous allons cultiver, la couche superficielle, assez mince, par opposition au sous sol qui lui est fait de roche.

L’altération de la roche mère

C est un processus très, très lent.

L’altération est d’abord mécanique

Des fractures apparaissent sur la roche mère (calcaire, granit…) dues à l’action de la météo (gel dégel, vent…).
Nous verrons que l’érosion (rivières, ruissellements…) joue un rôle mécanique aussi.

L’altération peut être chimique

L‘eau du ciel peut dissoudre partiellement cette roche (hydrolyse) ou simplement des particules de cette roche.

Par ces actions d’altération, la roche se retrouve effritée, morcelée, cassée en surface.

Les végétaux ont un lit pour s’installer

Ils vont pouvoir se loger dans les anfractuosités. Ce sont les végétaux pionniers. (mousses, lichens, puis fougères…). Ils sont peu exigeants.

Leurs racines vont poursuivre l’altération de la roche, de façon mécanique en la faisant éclater mais aussi de façon chimique puisque les racines produisent des acides qui vont la dissoudre.

La couche organique

En se dégradant les végétaux vont former une couche organique.

L’humus

Et dès à présent, l’humus se forme.

Cette litière organique constituée de végétaux accueille des animaux, plus ou moins petits qui respirent vivent mangent excrètent et meurent.

L’humus est une terre noire issue de la décomposition de la matière organique en matière minérale réalisée par les organismes du sol: la pédofaune, les bactéries et les champignons.

Les végétaux deviennent de plus en plus grands et permettent l’installation d’une faune plus grande aussi tels que les vers de terre, les collemboles, les acariens à côté des bactéries et des champignons vus plus haut. 

Nous avons donc une accumulation ou horizon d’accumulation de matière, c’est à dire une couche (parallèle à la surface) sur laquelle s’accumulent les différents matériaux).

La pluie s’infiltre

Dès lors, la surface étant moins dure, la pluie s’infiltre de plus en plus et entraine les éléments en profondeur.

Les vers remontent et mixent les matières

Le sol est donc un mélange de matière organique et de matière minérale.

Le sol vivant

Pour se nourrir, la plante a besoin d‘eau, de lumière et d’éléments nutritifs.

Non, la plante ne puise pas ses éléments nutritifs en totalité dans le sol.

  • L’eau est  apportée par le ciel, retenue par l’humus et remontée du sous sol par les arbres.
  • La lumière vient du soleil qui permet la photosynthèse au niveau des parties vertes des plantes grâce à la chlorophylle
  • Les éléments nutritifs viennent surtout de l’air, du carbone de l’air en fait (dans le CO²)
    Les plantes (arbres compris) stockent en elles ce carbone qui finit par retourner au sol, où se trouvent les bactéries et champignons qui peuplent la couche superficielle du sol  et qui le transforment en humus.

Grace aux êtres vivants du sol, la nature peut ainsi produire de la biomasse à partir de presque rien et sans aucune intervention extérieure.

Les êtres vivants du sol fabriquent l’humus.

Le sol s’épaissit et permet à son tour un meilleur développement des plantes.
(wikipedia a fait un excellent article sur l’humus)
Grace à l‘humus, le sol pourra maintenir sa cohésion (il sera donc moins sensible à l’érosion)

Conclusion:

Nous constatons que l’activité biologique a un rôle fondamental car ce sont les molécules organiques qui enrobent et stabilisent les différents éléments en présence d’eau. Dans ces substances organiques, on compte les glomalines produites par certains champignons.

Je résumerai simplement en rappelant que l’humus est la partie biologique du sol, fabriquée par des êtres vivants à partir de matière biologique végétale.
A la lumière de quoi on comprend maintenant pourquoi le sol doit être VIVANT c’est à dire contenir des animaux, des bactéries et des champignons qu’on alimentera en permanence  avec des déchets organiques (animaux et végétaux).

Dès qu’il n’y a plus de vivant pour fabriquer du sol, il n’y a plus d’humus et on obtient un désert.
Le sol vivant est donc bien indispensable à la culture.

Si vous voulez avoir un sol vivant
pour manger plus que Bio

C’est facile !
en suivant quelques principes simples.

Dans les articles de cette rubrique, vous verrez pourquoi et comment

  • nourrir le sol plutôt que la plante
  • respecter la biodiversité
  • ne jamais laisser le sol nu
  • ne plus travailler le sol
  • sans butte (ou du moins pas de façon automatique)
  • sans engrais
  • sans pesticide

mais

AVEC les organismes vivants qui fabriquent le sol

ça vous tente ?

Vous me suivez ?
C’est parti !
Agissons pour notre santé.

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Pour aller plus loin
La microbiologie des sols

J’ai failli supprimer la présentation de Claude Bourguignon, mais je me dis que c’est important de comprendre pourquoi on en est là où on en est:
Pour des raison purement mercantiles, on a occulté toute une part de recherches indispensables à la compréhension du vivant.

Il est temps de renverser la vapeur !

et c’est bientôt trop tard.

 

Cet article a 4 commentaires

  1. Alice à L' univers du bonheur

    oui, je suis partante pour un sol vivant…. mais en fait je n’ai pas compris. Pourrais tu m’éclaircir s’il te plait?
    Merci 😉

    1. Noyaudujardin

      Je serais ravie de t’éclaircir, mais quel point n’as-tu pas compris ? je peux faire un autre article pour préciser si cela peut t’intéresser, cela peut en intéresser d’autres qui comme toi n’auraient pas tout compris.
      Merci beaucoup pour l’intérêt que tu portes au sol vivant.

  2. Dominique

    Bonjour, c’est super, cette accumulation horizontale de la biomasse. Je ne m’étais même jamais posée la question de la façon dont la terre était apparue, et comment elle était devenue fertile. Ça me donne des idées pour mon jardin. Par exemple, est-il intéressant de ramener de l’humus de la forêt ? Ou mon compost peut-il suffire ? Et le fumier, faut-il l’ajouter à distance des plantations ? Ou en même temps que l’on plante ou que l’on sème ? Merci beaucoup pour tes éclaircissements.

    1. Merci de ton intérêt pour l’article. Ramener de l’humus de la forêt est interdit, et si ce n’est par la loi, on se doit de préserver ce qui existe (ne pas déshabiller Pierre pour habiller Paul) mais on peut en ramener une poignée pour ensemencer un purin, c’est à dire faire proliférer les bactéries que ce prélèvement contient. Pour ce qu’il en est du fumier, c’est très difficile de répondre en quelques mots, car il y a des tas de situations différentes, des tas de fumiers différents et chaque saison , chaque plante a ses propres indications et besoins. Le mieux est d’ajouter du carbone en surface. Et pour le compost, le fumier…et bien je vais faire un article, promis 😉

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