potager sur sol vivant

Shin Kubota, professeur à l’université de Kyoto au Japon a écrit:
 » Nous sommes intelligents et civilisés mais nos cœurs sont primitifs. »
Il pense qu’il faut que l’humanité apprenne  à vivre en harmonie avec la nature.

En cultivant sur sol vivant, on cultive AUTREMENT, on cultive AVEC avec la nature,
et on place le jardin dans un ensemble de vie.

Il faut de nouveau prouver un sentiment de gratitude envers notre planète qui subit nos activités humaines et n’en peut plus.

La culture sur sol vivant est une méthode permettant à la terre de produire de manière naturelle sans s’épuiser et sans épuiser le sol qui en reste fertile.

Ceci dit, le sol vivant, on en  entend de plus en plus parler, car concrètement il représente une solution, voire LA solution d’avenir pour le jardinage, mais aussi pour l‘agriculture et pour la planète.
Dans le cas du jardinier que nous sommes, c’est assez facile à réaliser.

Toutefois, connait-on le sol ,…

Le sol

Beaucoup confondent l’altération de la roche mère, qui est un processus très, très lent avec la construction de la couche arable. Alors que les principaux ingrédients de cette couche proviennent en fait de l’atmosphère (carbone, oxygène, hydrogène et azote).

Nous pensons souvent que le sol est le résultat de cette transformation de la roche mère et que c’est dans cet élément que nos plantes vont pousser.
Pourtant, c’est bien plus complexe que ça, et s’il y a une part de vérité dans ce que nous apprenions à l’école jadis, en fait, il y a pas mal de chose qui sont oubliées.
La roche mère donne les argiles, certes.

Le complexe argilo-humique

Mais nos plantes poussent en réalité dans un mélange d’argiles et d’humus.
Le complexe argilo-humique est une structure formée de ces deux éléments.

En fait, l’humus est la fraction « stable » de la matière organique

dans ce sens qu’elle se minéralise peu.
Cette proportion d’humus participe à la structuration du sol.

Comment ça marche

Pour commencer, nous considérerons les réactions chimiques: l‘humus d’un côté et l’argile de l’autre sont tous deux chargés négativement (ions – )
et comme vous l’avez appris, les ions négatifs attirent et retiennent les ions positifs. Dans notre cas, ce seront les calcium, magnésium, potassium, sodium etc… qui par conséquent s’attacheront au complexe argilo-humique.
A la lumière de ces explications, on comprend que l’humus est utile à la fertilité des sols.

OK ! mais le vivant là dedans ?

Pour se nourrir, la plante a besoin d‘eau, de lumière et d’éléments nutritifs.

  • L’eau est apportée par le ciel, retenue par l’humus et remontée du sous sol par les arbres.
  • La lumière vient du soleil qui permet la photosynthèse au niveau des parties vertes des plantes grâce à la chlorophylle
  • Les éléments nutritifs sont apportés par l’humus où se trouvent les bactéries et champignons qui peuplent la couche arable du sol.

Or l’humus dont nous parlons, devinez qui le fabrique ?

Ce sont les êtres vivants du sol.
Wikipedia a fait un excellent article sur l’humus, je ne vais pas paraphraser, lisez le c’est très instructif.

Nous constatons que l’activité biologique a un rôle fondamental car ce sont les molécules organiques qui enrobent et stabilisent les différents éléments en présence d’eau. Dans ces substances organiques, on compte les glomalines produites par certains champignons.

Je résumerai simplement en rappelant que l’humus est la partie biologique du sol, fabriquée par des êtres vivants à partir de matière biologique végétale.
A la lumière de quoi on comprend maintenant pourquoi le sol doit être VIVANT c’est à dire contenir des animaux, des bactéries et des champignons qu’on alimentera en permanence  avec des déchets organiques (animaux et végétaux).

Le sol vivant qu’est-ce que c’est au juste ?

Dès qu’il n’y a plus de vivant pour fabriquer du sol, il n’y a plus d’humus et on obtient un désert.
Le sol vivant est donc bien indispensable à la culture.
 

Qui sont les habitants du sol

Le bouillonnement d’organismes vivants que nous piétinons chaque jour est à la base de tous les processus biologique du sol.

Il nous faudra donc les connaitre pour connaitre leur rôle réciproque, des plus gros que nous connaissons un peu aux plus discrets jusqu’aux invisibles.
Nous parlerons par conséquent des vers de terre, entre autre, des petits mammifères comme les taupes, des rongeurs dont les campagnols et les mulots. Mais aussi des arthropodes et des mollusques, pour ne citer qu’eux.

Nourrir le sol  plutôt que nourrir la plante

Puisque ce sont les habitants du sol qui le fabriquent et le structurent, nourrir le sol, c’est en particulier nourrir tous les micro-organismes qui y vivent.
Pour ce faire on apporte du carbone sous forme de paille, de matière organique fraiche, qu’ils transformeront par décomposition en éléments nutritifs (minéraux et nutriments) ce qui participe à la fertilisation du sol.

Note: les fumiers sont des engrais par exemple, mais pas que puisqu’ils apportent entre autre du phosphore qui peut manquer dans l’environnement.
Le compost lui est un amendement
Nous verrons ces termes dans les articles du blog..

Plutôt que nourrir la plante,

car la plante interagit avec ses bactéries et si on la nourrit (fumier, engrais), il s’ensuit qu’elle ne donne plus leur « salaire » aux bactéries dont elle n’a plus besoin pour lui apporter ce qu’à priori son état fixe au sol l’empêchait d’aller chercher plus loin mais qui lui parvient du coup directement. Par conséquent, les bactéries meurent. Sauf que lorsqu’on arrête de fournir à la plante cet engrais, cette plante, devenue dépendante, meurt à son tour. Nous parlerons donc aussi de réseau mycorhizien lorsque nous évoquerons les champignons, puisqu’ils transportent eux aussi jusqu’aux racines des nutriments indispensables à la plante (comme le phosphore), qu’elle ne peut aller chercher puisqu’elle ne peut se déplacer rappelons le.

Le sol vivant c’est, pour toutes ces raisons, la culture du carbone.

et ça peut rapporter gros, non seulement à l’échelle individuelle, mais si tout le monde s’y mettait, on pourrait séquestrer le CO² (qui est un gaz à effet de serre GEF) que nous produisons. (vu que la plante utilise et stocke le carbone et rejette l’oxygène)
Rien que ça !

Ne jamais laisser le sol nu

Car le soleil pour sa part, lorsqu’il touche la surface de la terre, non seulement la stérilise, or nous venons de voir que les organismes sont nécessaires à sa vie, mais aussi il envoie l’eau qu’elle contient, précieuse ressource, vers le fond ou encore il la fait évaporer en chauffant la surface du sol…
En revanche, le paillage systématique, l’entretien d’engrais vert d’une façon ou d’une autre, conserveront l’eau et les micro-organismes bénéfiques.

Quant au carbone, c’est lui qui va nourrir les organismes du sol qui font sa fertilité.

En conclusion, si vous voulez avoir un sol vivant
pour manger plus que Bio

C’est facile !
en suivant quelques principes
Voici comment faire

Vous l’avez compris
il faudra simplement

  • nourrir le sol plutôt que la plante
  • respecter la biodiversité
  • ne jamais laisser le sol nu
  • ne plus travailler le sol
  • sans butte
  • sans engrais
  • sans pesticide

mais

AVEC les organismes vivants qui fabriquent le sol

ça vous tente ?

Tout au long des articles de cette rubrique, vous allez découvrir comment cette machine sophistiquée fonctionne grâce à ces travailleurs pour la plus part invisibles.

Vous me suivez ?
C’est parti !
Agissons pour notre santé.

Vous pouvez poser vos questions et apporter vos commentaires ci-dessous

Et pour être tenu au courant de la publication des prochains articles, n’oubliez pas de cocher la case correspondante après votre commentaire.

Des terrasses de l’eau des buttes

Comment Zepp Holzer a transformé des pans de montagne inhospitaliers en jardin d’Eden Pour Sepp Holzer, la permaculture est un véritable développement durable. En Autriche, dans la vallée la plus…

Protéger les insectes

Tu es convaincu(e) qu’il faut protéger les insectes.Protéger les insectes c’est protéger l’humain et notre futur.Tu l’as entendu mais tu ne sais plus vraiment pourquoi et surtout tu ne sais…

Mildiou prévenir et traiter

Vous avez peur du mildiou dans votre jardin ?Vous avez bien raison ! Au moment où j’écris cet article, c’est l’automne, pas vraiment la période principale pour les attaques de…

Cet article a 2 commentaires

  1. Alice à L' univers du bonheur

    oui, je suis partante pour un sol vivant…. mais en fait je n’ai pas compris. Pourrais tu m’éclaircir s’il te plait?
    Merci 😉

    1. Noyaudujardin

      Je serais ravie de t’éclaircir, mais quel point n’as-tu pas compris ? je peux faire un autre article pour préciser si cela peut t’intéresser, cela peut en intéresser d’autres qui comme toi n’auraient pas tout compris.
      Merci beaucoup pour l’intérêt que tu portes au sol vivant.

Laisser un commentaire