Des terrasses de l’eau des buttes

Des terrasses de l’eau des buttes

Comment Zepp Holzer a transformé des pans de montagne inhospitaliers en jardin d’Eden

En Autriche, dans la vallée la plus froide, surnommée « la Sibérie de l’Autriche », dans des conditions très difficiles Sepp Holzer et sa femme ont tenté et réussi une expérience hors du commun: faire vivre une ferme où tout est « un peu différent » des fermes voisines. Réaliser un jardin d’Eden.

Il prouve ainsi qu’en privilégiant  la biodiversité et en coopérant avec la nature au lieu de la combattre, on peut changer la donne.

Voici son histoire

Depuis 50 ans Sepp Holzer s’intéresse à la permaculture et en 30 ans, sa ferme est devenue un symbole de ce que la permaculture peut réussir. Car ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il y croit.
Non, la permaculture n’est pas une mode nouvelle, un joyeux passe temps pour Bobo à la recherche d’émotions vertes.
La permaculture n’est pas un moyen de faire son jardin sans se fatiguer…non, c’est le jardin de l’ingénieux, de l’imaginatif, de celui qui prend son temps pour regarder fonctionner la Nature et pour en apprendre l’enseignement. C’est le jardin de celui qui travaille AVEC la Nature, sans la combattre.

Comment subvenir à ses besoins sans dégrader l’environnement.

Sepp Holzer a rendu désuètes toutes les règles de l’agriculture conventionnelle et montre l’exemple pour les agriculteurs du monde entier qui lui rendent visite en grand nombre.
Voyez-vous, des cerises de toutes sortes qui poussent à une altitude comprise entre 1100 et 1500 mètres, ça étonne. Tout un jardin fruitier, des kiwis et même des citrons…

Comment est-ce possible ?

C’est l’équilibre entre les systèmes écologiques qui permet cette prouesse.
Or quand on regarde bien, l’agriculture actuelle met en danger cet équilibre.

Il faut créer des partenariat écologiques entre les divers acteurs, en vue de l’autosuffisance de chaque système, voilà la clé.

Sepp Holzer

Après cette mise en bouche, vous avez surement envie de voir la vidéo qui vaut mille mots.

(Note: la vidéo est ancienne et elle ne restera surement pas longtemps en ligne car il existe un DVD: SEPP HOLZER: PERMACULTURE EN EUROPE, une collection de 3 films sur le fermier Sepp Holzer: « Permaculture », « Aquaculture » et « Terrasses et Buttes »)

La recette:
travailler en symbiose avec la nature

La recette est celle que nous appliquons désormais en sol vivant:

  • pas de fertilisant
  • pas d’insecticide

mais au contraire

  • favoriser la biodiversité
    de la faune et de la flore
  • donc pas de monoculture
  • créer des micro climats avec les marres, les talus, les terrasses, en utilisant les pierres pour leur inertie thermique (elles accumulent la chaleur la journée et la restitue lentement la nuit).

A partir de ce moment, chaque espace devient une mine de nourriture saine et exempte de parasites, car le mélange d’espèce déroute les « nuisibles« . La variété favorise les prédateurs naturels, quelle que soit la saison.
C’est ainsi que les légumes côtoient les fleurs sauvages dans un joyeux mélange.

La pente pourrait être un obstacle.

Sepp a contourné le problème en créant des terrasses mais surtout en plantant abondamment. en effet, les racines retiennent le terrain.

L’eau

Mieux encore, Sepp profite des terrasses créées pour retenir l’eau, indispensable à la vie donc aux cultures et à l’élevage qu’il pratique, le cochon.
De plus, l’eau sert de miroir, elle réfléchit le soleil, sa lumière et sa chaleur, de quoi entretenir des micro climats dans cette zone d’altitude, une des plus froides du pays.

Et finalement, la pente devient un atout

d’autant que ces réserves d’eau et les différentes sources associées à la pente, permettent de fabriquer l’électricité de la ferme.

Ce qui pousse à plus de 1000 m d’altitude

 Dans des conditions extrêmes de températures il pousse des cerisiers: 15 sortes qui échelonnent leur production sur 5 mois de l’année.
Mais plus surprenant, des citronniers et des kiwis.

Pour ce faire, Sepp favorise des variétés résistantes adaptées au climat et les sélectionne année après année, puisqu’il a choisi dès le départ des variétés reproductibles

Si Sepp Holzer l’a fait, nous pouvons le faire !

Pour conclure, j’insisterai sur le fait que ce que Sepp Holzer a entrepris depuis plusieurs dizaines d’années (1962) nous démontre qu’en changeant de façon de faire on peut parvenir à des résultats inattendus, quoique….ce n’est pas le fait du hasard mais bien de la réflexion.

Un seul mot pour finir:
Merci Sepp

Hello !  je partage avec vous des conseils pour créer votre jardin sur sol vivant. Si vous avez une question ou envie de réagir après avoir lu cet article, n’hésitez pas à poster un commentaire !

Cet article a 2 commentaires

  1. Émilie

    Merci Sepp ! Et merci beaucoup pour cet article riche en informations et très bien expliqué ! En avant pour travailler en symbiose avec Dame Nature ! 😃

    1. Noyaudujardin

      Merci Emilie pour ce nouveau message. Je constate que tu es une lectrice assidue de mes articles, et ça me fait très plaisir. En effet, l’écriture d’articles représente un investissement en temps et en énergie et les retours sur le ressenti sont très importants pour pouvoir continuer dans la bonne voie.

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