Comment améliorer un sol pauvre

Comment améliorer un sol pauvre

Vous avez une terre caillouteuse, peu profonde ou alors sableuse ? Elle est peu humifère, peu fertile ?
Vous pensez que votre terre est pauvre.
Vous n’avez pas accès à l’eau ou alors difficilement.
Mais vous voudriez faire votre potager ou votre jardin à cet endroit.
C’est réalisable.

Comment faire ?

Amener l’eau sur un terrain à prix exorbitant n’est pas forcement la solution.
Après avoir regardé cette vidéo, vous serez convaincu(e) que rien n’est impossible du moment qu’on a la bonne méthode.
En analysant comment ces chercheurs ont réalisé ce qui semble impossible en matière de réhabilitation des sols, nous trouvons les solutions à nos problèmes de sol.

sol désertiqueGeoff Lawton nous explique dans ce film comment lui et son équipe ont fait pour cultiver ce sol au bout de la terre.

(transcription)

Les conditions de départ:

C’était un sol on ne peut plus dur et hyper sec 400 m en dessous du niveau de la mer à deux kilomètres de la mer noire. Il n’y a là pratiquement pas de précipitation et des températures qui dépassent 50 degrés.

Toutes les cultures se font sous plastique et bien sur, tout le monde traite aux pesticides. C’est surpâturé  par les chèvres qui grignotent  la moindre pousse comme les asticots rongeant la chaire de l’os, jusqu’à disparition complète du paysage.

Leur méthode

démarrer un jardin pauvreL’eau:

Nous avons conçu un système récoltant la moindre goutte d’eau tombées sur cinq hectares. Il y a ainsi une récupération d’eau sur un kilomètre et demi et quand c’est plein un million de litres d’eau s’infiltrent dans le sous-sol et ça se rempli plusieurs fois par hiver.

Matière organique carbonée
matière organique azotée

Ensuite nous avons lourdement paillé ces talus  avec des déchets verts de culture biologique voisine. On en a mis une épaisseur de presque 50 cm sur environ deux mètres de large.

Plantation:

Puis on a mis une irrigation en goutte-à-goutte sous le paillage et du côté amont de la tranchée de récupération on a planté des espèces pionnières très vigoureuses d’arbres du désert pour structurer le sol et fixer l’azote, pour faire de l’ombre, pour réduire l’évaporation. Et du côté aval de la tranchée nous avons planté des arbres fruitiers. Ici,  principalement des palmiers dattiers pour constituer les étages supérieurs. Plus tard, des grenadiers, des goyaviers, mûriers et maintenant des agrumes. Au bout de quatre mois, nos figuiers avaient atteint un mètre de hauteur et portaient des figues ce que tout le monde croyait impossible ici.

reverdirNous arrivons à faire pousser les arbres dans un sol salins où il ne devraient pas pousser

Tout le monde pensait que nous avions dessalinisé le sol car le niveau de salinité était en train de chuter.

Les taux de sel diminuaient aux abords des tranchées. Ceux qui venaient pensaient que le sol avait été lessivé car traditionnellement on amène une énorme quantité d’eau et on lessive le sel vers le sous sol ce qui contribue simplement à le rendre de plus en plus salé en fin de compte. Vous pouvez envoyer la salinité jusqu’à 20 mètres de profondeur en procédant comme ça et la nature pourrait mettre du temps à se rétablir.
Mais nous n’avions utilisé qu’un cinquième de la quantité d’eau qui aurait été nécessaire si nous avions fonctionné de la sorte. Et ça, ça les a vraiment interpellés quand ils ont réalisé ce que nous réussissions avec si peu d’eau.

Les débuts:

Au début les gens se moquaient car nous suivions les courbes de niveau avec nos tranchées, au lieu de creuser en ligne droite. Ils disaient « vous avez des bulldozer vous pouvez aplanir et rectifier le désert ». Bien que nous leur ayons expliqué que nous voulions récolter l’eau passivement ils se sont encore moqués de nous quand nous avons planté plus d’arbres non fruitiers que d’arbres fruitiers et puis on a couvert l’intérieur de nos tranchées avec une énorme quantité de paillage. A l’inverse de ce qui se pratique dans la plus grande partie de l’agriculture traditionnelle où au contraire on ratisse tout.

Les champignons:

Au milieu de l’hiver nous avons reçu un courriel qui disait : «nous avons un problème, vous avez des champignons qui poussent dans le talus » (en fait ils disaient « fungus » et quand nous avons vu une photo c’était bien des champignons). Ils n’avaient jamais vu de champignons de mémoire d’homme car  il n’y avait jamais eu autant d’humilité dans la terre. Et quand on écartait le paillage il y avait tous ces petits animaux, tous ces insectes qui rendent le sol vivant et le mycélium qui est sous le paillage…Or ce mycélium excrète une substance cireuse qui repousse le sel et la décomposition emprisonne la salinité, le sel est toujours là mais devient inerte et insoluble.
Donc nous pourrions reverdir le moyen-orient nous pourrions reverdir n’importe quel désert et nous pourrions le dessaliniser en même temps.

Si on peut le faire sur ce minuscule morceau de 5 hectares de désert sous le niveau de la mer alors vous nous donnez une parcelle avec un captage ou un oued ou un canyon ou n’importe quel talweg d’érosion nous pourrons le régénérer complètement…

On peut régler tous les problèmes du monde dans un jardin.
Les problèmes de pollution et tous vos besoins d’approvisionnement dans un jardin.
La plupart des gens ne savent pas et ça les rend très inquiets (dialogue du film)

Le sol pauvre, infertile, sec
n’est pas une fatalité

On peut toujours revenir à un état de fertilité qui permette de cultiver pour peu qu’on ait de l’eau, de la matière organique carbonée et au minimum des graines ou des plantes qui sont capables de capturer l’azote de l’air pour démarrer le processus.

Une autre histoire, qui n’est pas un conte de fée, c’est un fait réel et incroyable.

A lui seul Yacuba Sawadogo a eu plus d’impact sur la préservation de l’environnement du Sahel, au nord du Burkina Faso, que toutes les équipes de recherche nationales et internationales réunies.

Comment a t-il fait ?

Le sol a été préparé avant l’arrivée des pluies. Dans ces trous Yacuba place des détritus et du fumier. Le fumier attire les termites qui creusent un réseau de minuscules galeries afin d’y faire pousser les champignons dont elles se nourrissent. Ces galeries se remplissent d’eau…quand la pluie revient, il faut conserver la moindre de ces goutte d’eau. Les murets feront l’affaire. A la place de ruisseler, l’eau stagne et les plantes ont à boire. Yacuba plante alors des arbres. Ces arbres font de l’ombre, plongent leurs racines profond dans le sol, l’ancrent. Les arbres attirent les oiseaux qui amènent des graines…d’arbres. Ainsi la forêt renait. Les arbres arrêtent le vent. La nappe phréatique remonte.

Si cette histoire vous intéresse, voici le film sur l’homme qui arrêta le désert

Résumé de la méthode

Ingrédients:

  • eau
  • matière carbonée
  • matière organique
  • plante
  • ombre

Il faut commencer par récolter de l’eau ou en apporter d’une façon ou d’une autre.

Ensuite, il faut planter pour que les racines structurent le sol et le retiennent (anti érosion).
Il faut apporter de la matière carbonée pour favoriser les champignons qui participent à la décomposition des matières organiques. Ce paillage favorisera l’installation de la petite faune du sol qui décomposera et assainira le sol. Les détritus organiques apporteront les divers nutriments et nourriront eux aussi la faune du sol.

Un exemple qui peut être installé dans bon nombre de situations:

2 cm de BRF (bois de l’année déchiqueté) à l’automne pour profiter de l’humidité de l’hiver. Sous lequel on sème des fèves ou des légumineuses qui, en captant l’azote de l’air, apporteront aux bactéries l’azote dont elles ont besoin pour la décomposition des matières.
On épand là dessus les déchets, de cuisine, de tontes…et on recouvre de paille ou plus favorablement, de foin.
Et au printemps, la parcelle est prête à être cultivée.
On n’oubliera pas de pailler régulièrement au fur et à mesure de la disparition du paillage, ce qui est signe de la réussite du processus puisqu’il indique que les matières sont digérées donc qu’il y a des micro organismes au travail

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