Mai, ça y est ! on peut planter les tomates.
La question qui va se poser maintenant, c’est : « que faire des gourmands ? »
En effet, à peine les tomates commencent-elles à prendre de la vigueur que le jardinier se retrouve face à un geste presque automatique : supprimer les gourmands.
Ces petites pousses qui apparaissent à l’aisselle des feuilles sont souvent considérées comme inutiles, voire gênantes. Pourtant, derrière cette mauvaise réputation se cache peut-être l’un des plus beaux cadeaux du potager.
Les gourmands de tomate : ces “déchets” qui valent de l’or au jardin
Dans cet article
ToggleChaque année, des centaines de gourmands finissent au compost alors qu’ils possèdent une capacité étonnante : devenir de nouveaux plants parfaitement viables. Car un gourmand n’est pas une mauvaise herbe. C’est une véritable extension du plant principal, avec le même patrimoine génétique, la même vigueur et, souvent, la même générosité future.
Pourquoi les jardiniers les suppriment-ils ?
Sur certaines variétés de tomates, notamment les tomates à croissance indéterminée, les gourmands peuvent multiplier les tiges et rendre le plant plus dense. Beaucoup de jardiniers choisissent alors de les retirer afin de concentrer l’énergie sur les fruits et d’aérer la plante pour limiter les maladies.
Mais au lieu de les jeter, pourquoi ne pas leur offrir une seconde vie ?
Une bouture gratuite et presque inratable
Le gourmand de tomate est probablement l’une des boutures les plus faciles à réussir au potager. En quelques jours seulement, cette petite pousse peut développer ses propres racines et devenir un nouveau pied prêt à produire.
Le principe est d’une simplicité désarmante :
- choisir un gourmand sain de 10 à 15 cm ;
- le détacher délicatement avec les doigts ;
- retirer les feuilles du bas ;
- placer la tige dans un verre d’eau claire.
Et ensuite… presque plus rien à faire.
Installé près d’une fenêtre lumineuse, le gourmand commence rapidement à former de petites racines blanches. Souvent, moins de dix jours suffisent pour obtenir un véritable petit chevelu racinaire.
Une plante capable de créer des racines partout
Vous le savez surement, la tomate possède une particularité fascinante : sa tige peut produire des racines dès qu’elle est en contact avec l’humidité ou la terre.
C’est ce qui explique pourquoi les boutures prennent aussi facilement.
Lors de la plantation, beaucoup de jardiniers enterrent même une partie de la tige afin d’obtenir un enracinement plus profond et un plant plus solide face à la sécheresse estivale.
Le vivant, une fois encore, montre son incroyable capacité d’adaptation.
Dix plants sans dépenser un centime
Quand on voit aujourd’hui le prix des jeunes plants en jardinerie, difficile de ne pas regarder ces gourmands autrement. Un seul pied de tomate vigoureux peut fournir plusieurs boutures au cours de la saison.
Avec quelques verres d’eau, un peu de patience et un coin lumineux, il devient possible de multiplier gratuitement ses tomates, d’étoffer le potager ou même d’avoir quelques plants supplémentaires à offrir autour de soi.
Et le plus étonnant reste souvent le taux de réussite : la tomate pardonne énormément.
Mais alors,
faut-il garder tous les gourmands ?
Combien de gourmands garder ?
C’est une bonne question, qu’on se pose souvent.
Non, on ne garde pas forcement tous les gourmands.
En effet, on ne cultive pas toujours les tomates sur une seule tige.
Car certaines variétés supportent très bien plusieurs tiges, surtout au jardin en pleine terre, tandis que d’autres deviennent vite envahissantes.
Tout dépend donc
- du climat,
- de l’espace disponible,
- de la richesse du sol…
- et aussi du style de jardinage recherché.
Dans un jardin vivant et équilibré, laisser quelques gourmands peut même permettre d’obtenir davantage de feuillage protecteur contre les fortes chaleurs.
Comme souvent au potager, il n’existe pas une seule vérité, mais plutôt des équilibres à observer.
Une méthode simple : le bouturage directement en godet
Beaucoup de jardiniers utilisent le verre d’eau pour faire raciner les gourmands, mais il existe une autre méthode, souvent encore plus efficace : le bouturage directement dans le terreau. C’est d’ailleurs une technique très pratique pour éviter le choc entre les racines “d’eau” et les racines adaptées à la terre.
Le principe est simple. Une fois le gourmand prélevé, on retire les feuilles du bas puis on plante directement la tige dans un petit godet rempli d’un terreau léger et humide. Le godet est ensuite placé dans un bac contenant un léger fond d’eau permanent. Le terreau reste ainsi constamment frais sans être détrempé en surface.
Dans ces conditions, la tomate développe immédiatement des racines adaptées au milieu terrestre, avec leurs fameux poils absorbants capables d’aller chercher l’eau et les éléments nutritifs dans le substrat. La reprise après plantation au jardin est alors souvent plus rapide et plus vigoureuse.
L’idéal est de placer les godets à la lumière, mais à l’abri du soleil brûlant des premiers jours. En une dizaine de jours à peine, le gourmand commence généralement à produire de nouvelles feuilles : signe que l’enracinement est déjà bien lancé.
Cette méthode a aussi un avantage très concret : elle évite les manipulations fragiles des racines blanches formées dans l’eau, parfois cassantes au moment du repiquage. Un simple gourmand devient alors un jeune plant autonome, prêt à rejoindre le potager presque sans transition.
Une autre façon de regarder le jardin
Quand on y réfléchit bien, le gourmand de tomate raconte finalement quelque chose de plus profond : au jardin, ce que l’on considère comme un “déchet” est souvent une ressource en attente d’être comprise.
Un simple rameau promis au compost ou au purin, peut devenir un nouveau plant, puis des kilos de tomates quelques semaines plus tard.
Et c’est peut-être cela, le vrai luxe du potager : apprendre à voir l’abondance là où, auparavant, on ne voyait que des restes.
Par conséquent
Je me procure un plant de chaque variété que je veux cultiver cette année. Puis je récupère les gourmands qui fourniront les pieds supplémentaires qui produiront la récolte au fur et à mesure.
J’en échange, j’en donne…
Quel plaisir ces tomates !
Que faites-vous des gourmands ?
Lorsque vous cultivez des tomates, que faites vous des gourmands ?
il y a plusieurs écoles :
tout laisser sur le pied en mode buisson libre
Celle qui dirige sur une tige attachée à un piquet solide
Et aussi, l’école qui optimise le pied issu de la graine de départ en utilisant les gourmands pour le multiplier.
À laquelle de ces écoles appartenez-vous ?
Avez-vous une autre façon de faire ?
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